Le moineau soulcie

Le Moineau soulcie – de son petit nom latin Petronia petronia – est une espèce des milieux secs dite cavernicole, qui occupe des cavités de profondeurs importantes (30 à 100 cm) comme celles que l’on trouve dans les vieux arbres, les murs anciens et les poteaux électriques. Les études régionales sur cet oiseau emblématique des paysages ruraux marqués par une agriculture extensive ont montré un déclin alarmant de ses effectifs, dû en particulier à la perte d’habitats favorables à sa nidification (disparition des vieux arbres à cavités et restauration des vieux murs), mais également à l’intensification de l’agriculture (insecticides, diminution des ressources alimentaires…).

Il présente une répartition très fragmentée dans le sud de la France. Dans la Drôme, on le trouve dans le Diois, la vallée de la Gervanne et les Baronnies. Ces trois populations forment ainsi la plus importante population de Moineau soulcie dans la région Rhône-Alpes.

Moineau souclie ©

Moineau soulcie ©

Ses habitats

Cavernicole, le Moineau soulcie est un anthropophile : il peut nicher au cœur des villages, dans le vieux bâti en pierres comme dans un hangar métallique ou en bois, pourvu que ces bâtiments soient riches en cavités et que le milieu alentour lui soit favorable, c’est-à-dire un milieu ouvert riche en orthoptères  (sauterelles et criquets) dont il nourrit ses petits.

Au cœur des zones agricoles dépourvues de bâtiments, il est à rechercher dans les cavités creusées par les pics (noyers, peupliers, amandiers et divers arbres fruitiers…) ou, plus rarement, dans les trous creusés par les guêpiers. Les sites de nidification les plus typiques (car sûrement les plus faciles à trouver) restent les supports de fils électriques, où il niche dans des tubes métalliques creux.

De loin, posé sur un fil électrique, on peut confondre le moineau soulcie avec ses proches cousins (notamment la femelle du moineau domestique) ainsi qu’avec le bruant proyer, plus massif. On peut également le repérer à l’ouïe car c’est un oiseau relativement bruyant sur les sites de reproduction, d’un cri grinçant qui n’est pas sans rappeler celui du verdier d’Europe ou du serin cini.

Adulte, il se nourrit principalement de baies ou de graines de céréales trouvées dans les champs. Il s’installe ainsi en colonies lâches de quelques couples et peut cohabiter avec ses proches cousins, le moineau domestique et le moineau friquet.

Les menaces qui pèsent sur lui

Le Moineau soulcie n’est pas considéré comme menacé en Europe, où ses effectifs sont stables. Protégé en France, il est actuellement noté « en danger » de disparition sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de Rhône-Alpes. Pourtant, il a connu une forte régression de son aire de répartition et de ses effectifs dans l’hexagone depuis le début du XXe siècle.

Ses noyaux de populations sont aujourd’hui discontinus, dans la Drôme, constat lié à la disparition des paysages ruraux issus d’une agriculture peu intensive.

Présence dans la Gervanne

Malgré ce déclin, une belle population est cependant présente sur le plateau des Chaux depuis la pose de nichoirs en bois début des années 90. Cette population, l’une des plus importantes populations drômoises de l’espèce, est suivie annuellement dans la vallée de la Gervanne, sur la commune de Beaufort-sur-Gervanne. Initié en 1998, ce travail a débouché sur un programme personnel de baguage au départ mené par Sébastien Blache puis relayé par François Humbert (ancien président du CORA Drôme). Bien que conduit à titre privé, ce programme s’est articulé avec les actions du programme « Biodiversité dans la Gervanne et la Sye » pilotées par la LPO Drôme et particulièrement la pose et le suivi de l’occupation de nichoirs.

Plusieurs individus ont été observés sur d’autres secteurs du territoire de la Gervanne et de la Sye,  dans des milieux similaires à celui du plateau des Chaux (Champ des Cols, Montclar-sur-Gervanne…), cependant, lors de l’ inventaire de ces milieux mené en 2013, aucun moineau soulcie n’a été observé en-dehors du secteur des Chaux.

Il est aujourd’hui difficile de savoir quel réseau de nids est utilisé par cette espèce. Cependant, nous pouvons avancer que les arbres à cavités propices à la nidification de l’espèce (mûriers, noyers…) manquent sur ce territoire.

Agir pour le Moineau souclie

Il est proposé de favoriser la présence de nouvelles populations à proximité de celles existantes en posant de nouveaux nichoirs et en suivant leur occupation, afin de multiplier les possibilités de nidification pour l’espèce.

Un concours de potiers a été organisé en 2015 pour la réalisation de nichoirs en terre cuite, qui ont ensuite été disposés sur des habitats favorables (poteaux, vieux bâti, arbres), situés dans des milieux ouverts.

Accueillir l’espèce sur son terrain

Si vous possédez un milieu favorable à l’accueil de nichoir pour le Moineau soulcie, vieille bâtisse au milieu d’un champs, arbre isolé, poteaux, n’hésitez pas à nous contacter !

Participer aux prospections

Si vous êtes intéressé par la préservation du Moineau soulcie, des prospections ont lieu chaque année afin de  préciser la répartition de l’espèce.

Prospections du moineau soulcie

https://www.lpo-drome-ardeche.fr/16450-2/