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Campagne de sauvetage d’amphibiens à Moras-en-Valloire

«  Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille ! ». Cette célèbre comptine ne relève pas  totalement de l’imaginaire puisque chaque année, à la sortie de l’hiver et notamment pendant les nuits humides, de nombreuses grenouilles et autres amphibiens pointent le bout de leur nez pour entamer leur migration prénuptiale. Lors de ce déplacement des sites d’hivernage vers les sites de reproduction (mares, étangs, marais…), il arrive fréquemment que les individus doivent franchir des routes et, contrairement au proverbe, « il y a malheureusement plus d’une grenouille qui ne trouvent pas leur crapaud »… 

La mortalité routière est en effet l’une des principales causes de mortalité chez les amphibiens et peut engendrer des baisses importantes au niveau des effectifs de ces populations.

La campagne de suivi de migration des amphibiens sur le site d’écrasement à Moras-en-Valloire (sur la D121, entre Hauterives et Moras) en Drôme des Collines (Forêt de Mantaille) a eu lieu chaque année depuis 2009.

Son objectif est de diminuer la mortalité chez les diverses populations d’amphibiens en évitant l’écrasement, mais également de comprendre le fonctionnement écologique du site.

Le site de Moras-en-Valloire

Le site d’écrasement de Moras-en-Valloire se situe au nord du département de la Drôme, sur la D121, entre Hauterives et Moras. La D121 passe au milieu d’une forêt humide (Forêt de Mantaille) où se trouve une mare et de nombreuses ornières favorables à la reproduction des amphibiens.

A la sortie de l’hiver, les amphibiens sortent de leurs sites d’hivernages pour rejoindre leurs sites de reproduction et, parfois, traversent une route pendant leur migration.

Le site d’écrasement de Moras-en-Valloire a été ciblé en raison de son nombre important d’écrasements, aussi, chaque année, ce sont 500 mètres de filets-barrière et 43 seaux qui sont disposés de part et d’autre de la route afin de diminuer ce nombre. Ce dispositif est mis en place pendant la période de reproduction des amphibiens, c’est à dire de début février jusqu’à fin mai. Les seaux sont relevés quotidiennement et les espèces et individus dénombrés.

Bilans des saisons de capture

2022

 

Chantier de sauvetage des amphibiens à Moras-en-Valloire

Les amphibiens de Moras-en-Valloire commencent à sortir ! Episode 2

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Épisode 3

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Episode 4

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Episode 5

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Episode 6

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Episode 7

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Episode 8

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Episode 9

Sauvetage des amphibiens de Moras-en-Valloire – Episode final

Soirée-bilan du suivi des amphibiens à Moras-en-Valloire

2021

L’année 2021 constitue la douzième année de suivi sur le site de Moras-en-Valloire. Du 11 février au 2 avril 2021, un total de 396 individus ont été capturés et relâchés sains et saufs de l’autre côté de la départementale, un chiffre en baisse comparé aux années précédentes (590 en 2020, 873 en 2019, 829 en 2018). Cette diminution peut s’expliquer par des conditions météorologiques défavorables aux amphibiens pendant une grande partie du suivi (températures fraîches la nuit, temps très sec, neige). Deux pics migratoires ont été recensés le 15 mars et le 26 mars.
Au total, sept espèces ont été identifiées. En ne considérant que les individus adultes, les espèces les plus souvent capturées sont la Grenouille agile (24,9% des captures), la Grenouille rousse (20,5%), le Crapaud commun/épineux (18,5%) et le Triton palmé (17,3%). La Salamandre tachetée (9,8%), le Triton alpestre (8,1%) et le complexe Grenouilles vertes (0,6%) complètent la liste.
Nous remercions chaleureusement l’ensemble des bénévoles qui ont assuré ce suivi.

Semaine 25/02 – 04/03 : Cette semaine a été plutôt calme pour la reproduction des amphibiens. En effet, l’absence de pluie depuis plusieurs jours et les températures très fraîches de la nuit ne sont pas des conditions favorables pour nos amis des mares. Nous avons toutefois pu observer 11 amphibiens vendredi et 13 samedi avec notamment la Grenouille rousse, la Grenouille agile et la Salamandre tachetée.

Semaine 05/03 – 11/03 Cette semaine a été une très bonne semaine pour les tritons. Nous avons pu observer 12 et 24 amphibiens respectivement samedi et lundi avec notamment de nombreux tritons palmés, des tritons alpestres ainsi qu’une salamandre tachetée et quelques « grenouilles brunes » que vous savez maintenant différencier grâce à l’article de la semaine dernière. Quatorze tritons ont même été retrouvés dans un seul et même seau !

Semaine 11/03 – 18/03 L’espèce de la semaine, avec l’effectif le plus important, est la salamandre tachetée, avec 45 individus récupérés cette semaine, larves et adultes confondus. Celle qui est présente à Moras est la sous-espèce nommée Salamandra salamandra terrestris. Elle est de grande taille (environ 20 cm) et possède de longues bandes jaunes sur son dos.

Semaine 19/03 – 25/03 Cette semaine, la migration a été “gelée” : températures nocturnes à peine au-dessus de 0° et aucune goutte de pluie sur le site. Nos amphibiens préférés sont donc restés terrés dans leurs abris hivernaux ou dans des abris de fortune…
Espérons que le printemps arrive vite avec ses nuits plus douces et ses giboulées de mars que nous attendons tant !

Semaine 26/03 – 01/04  Cette semaine fut très favorable à le reproduction des amphibiens : la pluie qui est tombée de vendredi à samedi soir ainsi que les températures douces de la nuit ont permis aux amphibiens de migrer enfin dans de bonnes conditions. Nous avons récupéré 59 individus dans les seaux le samedi matin, le record de cette année. La majorité d’entre eux étaient des crapauds communs/épineux ; les autres espèces trouvées sont le triton palmé, les grenouilles « brunes » (rousses et agiles) et quelques salamandres tachetées. L’espèce de la semaine est donc le crapaud commun/épineux.

2020

Le seul triton crêté noté à Moras-en-Valloire (en 2020)

Le 19 mars 2020 aurait être la date de la fin du premier mois de sauvetage des amphibiens à Moras-en-Valloire. Mais le confinement nous a contraints à lever le dispositif. C’est également le moment de dresser le bilan de cette action effectuée en grande partie par des bénévoles, qui n’ont pas eu peur de braver la boue et la pluie tous les matins depuis le 19 février ! Un bilan précoce mais fructueux (avec une surprise !)…

Le dimanche 16 février se déroulait la troisième édition de la Fête des grenouilles à Moras-en-Valloire. Porté par la LPO Auvergne-Rhône-Alpes Drôme-Ardèche et par une bénévole active, Lisa Trinquier, l’événement proposait de découvrir les amphibiens sous toutes les coutures. Retour sur cette journée particulièrement réussie.

2018

Comme chaque année depuis 2010, la LPO Drôme, aidée par la trentaine de BTS GPN de la Maison

Fête des grenouilles 2020

Fête des grenouilles 2020

Familiale Rurale de Mondy et leur encadrant, Colin Deforge, a installé les filets anti-écrasements au bord de la D121 reliant Moras-en-Valloire et Hauterives. Au total, ce sont plus de 500 mètres de ces filets et 43 seaux qui ont été disposés de part et d’autre de la route. A lire…

Le week-end des 9 et 10 février 2018, à l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides, la LPO Drôme organisait la Fête des grenouilles à la salle des fêtes de Moras-en-Valloire ! L’association, investie depuis 2010 pour la protection des amphibiens de ce charmant petit village, souhaitait informer le grand public sur ces espèces si fragiles dont la vie, partagée entre terre et eau, est menacée. A lire…

Après la fête des Grenouilles de Moras-en-Valloire le 4 février dernier, la LPO Drôme organisait ce dimanche 18 mars de 10h à 12h une petite randonnée à la découverte des amphibiens de la forêt de Mantaille. A lire…

Au total, ce sont plus de 570 amphibiens qui ont été sauvés grâce à ce dispositif et qui ont donc pu se reproduire paisiblement dans les zones humides de la forêt de Mantaille. Cette saison, le dispositif semble de nouveau efficace puisque seulement 16 écrasements ont été constatés sur le tronçon. Evidemment, cela ne doit pas nous empêcher de lever le pied à l’approche de cette zone sensible pour diminuer le risque d’écrasement. Bilan complet…

2015

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Salamandre tachetée mélanique © A Traversaz

Début avril 2015, déjà plus de 500 individus ont été récupérés dans les seaux.
Pour l’anecdote, une Salamandre tachetée mélanique, c’est à dire une salamandre toute noire avec ses glandes glandes parotides roses, a été retrouvée à plusieurs reprise dans les seaux.

2014

Le dispositif de capture a été installé le 8 février 2014 avec le soutien bénévole d’une douzaine de personnes et a été retiré le 31 mai 2014, après 112 jours de suivi.

Cette année, un total de 470 individus, toutes espèces et âges confondus, a été comptabilisé, contre 440 en 2013, 325 en 2012, 581 en 2011 et 109 en 2010.

Sur l’ensemble du suivi 2014, sept espèces ont été capturées : la Salamandre tachetée, le Triton alpestre, le Triton palmé, le Crapaud commun, la Grenouille agile, la Grenouille rousse et une Grenouille « verte ».

En ne considérant que les individus adultes (383 au total), l’espèce la plus abondamment capturée est le Triton palmé (41% des captures), suivi par la Grenouille agile (19% des captures), le Triton alpestre (16%), la Salamandre tachetée (11%) et le Crapaud commun (10%).

Les mouvements migratoires ont été détectés immédiatement après la pose des filets, et les derniers individus (surtout des larves et des immatures) ont été capturés fin mai. Le printemps a présenté des températures douces et une pluviométrie régulière, favorisant une mobilité des amphibiens durant toute la saison, à la faveur des épisodes pluvieux principalement. Il semble difficile d’établir de véritables pics de migration. De plus, l’hiver 2013-2014 ayant été très doux et humide, il est fort probable qu’il ait permis une activité précoce des batraciens (avant la mise en place du chantier).

Les seaux ayant permis le plus grand nombre de captures sont ceux situés à proximité directe de la mare. Plus la mare est éloignée, plus le nombre de captures par seau semble diminuer. De même, les seaux situés à l’est de la route ont capturé plus d’individus que ceux situés à l’ouest. Ainsi, la migration semble se concentrer aux alentours de la mare, et se fait majoritairement d’est en ouest.

Evolution des populations de 2010 à 2014

Sur l’ensemble du suivi 2010-2014, un total de 1600 individus adultes a été capturé, toutes espèces confondues. Les espèces les plus capturées sont le Triton palmé (31%), la Salamandre tachetée (26%) et la Grenouille agile (17%). Le nombre de captures de tritons palmés, de tritons alpestres et de grenouilles agiles semble être en augmentation depuis 2010, alors que les captures de
salamandres tachetées et de crapauds communs sont de moins en moins nombreuses (voir figure 2 ci-contre).

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ces variations d’effectifs des populations :

  • certaines populations sont effectivement en baisse, mais seul un suivi à long terme permettra de confirmer ces tendances et les espèces impactées ;
  • les populations subissent des variations cycliques, dues à la dynamique de reproduction (espèces ne se reproduisant pas annuellement) ou aux conditions climatiques ;
  • les individus ayant été déplacés du côté de la mare restent de ce côté tout au long de l’année et ne sont donc plus capturés l’année suivante.

Il est difficile d’identifier l’origine de ces variations d’effectifs, et il est même probable qu’elles soient la conséquence de plusieurs causes.

La répartition des captures dans les seaux en 2011, 2012, 2013 et 2014 est très similaire, ce qui confirme que la voie de migration majeure se situe à proximité immédiate de la mare forestière, à l’ouest de la route départementale. De plus, chaque année, on observe un flux de migration plus marqué d’est en ouest.

NB : le nombre d’écrasements hors filet demeure  assez conséquent.

Suivi des salamandres par identification photographique

Grâce à l’identification photographique des Salamandres tachetées capturées dans les seaux, la population contactée en 2014 s’élève à 23 individus différents contre 21 en 2013 et 66 en 2012, ce qui confirme bien une diminution du nombre de captures de cette espèce. Plus de 40 individus ont été « recapturés » une fois, 19 l’ont été deux fois, 9 individus l’ont été  trois fois et seuls 2 individus l’ont été quatre fois au cours de ces trois années.

Perspectives

Ces cinq années de suivi de la migration des amphibiens aux alentours de la mare de Moras-en-Valloire ont permis de collecter les connaissances nécessaires à la réflexion concernant la mise en place de solutions de protection pérenne des populations d’amphibiens locales. La Direction des Déplacements du Département de la Drôme, propriétaire et gestionnaire de la route départementale D121, a été rencontrée les 5 mars, 16 juillet 2013 et 12 juin 2014. Notre association l’a alertée sur la mortalité du site de migration, puis lui a proposé d’échanger autour des mesures de réduction des impacts existantes, et de déterminer lesquelles pourraient être installées localement.

Plusieurs solutions ont été envisagées :

  • panneaux d’information routiers : des panneaux informant les usagers de la route de la présence d’amphibiens en migration pourront à terme mis à disposition et installés par le Département ;
  • déviation temporaire de la route : il semble peu envisageable de mettre en place une déviation temporaire en raison des difficultés techniques induites ;
  • chicanes : non adaptées (limites techniques également) ;
  • passage à petite faune : présentée par la LPO Drôme, cette orientation a suscité l’intérêt des techniciens du Département. Par ailleurs, un projet d’Espace Naturel Sensible local sur le site de migration de Moras pourrait être envisagé avec le service ENS du Département de la Drôme et les collectivités locales.
  • En attendant ces éventuels aménagements, continuons à nous mobiliser ! Le suivi reprend dès le début d’année 2015. Nous aurons besoin de monde pour le chantier d’installation des barrières de capture, puis le suivi hebdomadaire, notamment les samedi et certains dimanche.

Vous souhaitez participer ?

Chaque année, nous avons besoin de bénévoles pour poser et enlever les filets mais également pour relever les seaux chaque matin. Si vous êtes intéressé-e pour participer à ce suivi, n’hésitez pas à contacter Rémi Metais (sauf indication contraire ci-dessous) !