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Suivi de la migration au Col de l’Escrinet

Le col de l’Escrinet, en Ardèche, est situé sur les communes de Saint-Etienne-de-Boulogne, Gourdon et Saint-Priest. C’est un site emblématique et très réputé au niveau européen pour la migration de printemps.

Un site idéal pour observer la migration des oiseaux

Situé à 787 mètres d’altitude, il forme une trouée dans le relief environnant, qui culmine à plus de 1 000 mètres. Lorsque le temps est clair, les oiseaux peuvent donc l’apercevoir de très loin. C’est ainsi que, chaque printemps, des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs passent le col, avec pour particularité une très bonne proximité d’observation, offrant aux visiteurs un spectacle des plus attrayants. L’axe sud-ouest/nord-est du col et sa position, au bout de 200 kilomètres sans obstacle important, sont autant d’atouts pour favoriser le passage des migrateurs. De plus, le relief situé au sud forme une sorte d’entonnoir naturel qui débouche sur le col.

Du point d’observation, le panorama est ouvert sur un angle d’environ 120°, globalement centré sur le sud-ouest. Il est limité à l’est par les coteaux calcaires qui bordent le flanc occidental du plateau basaltique du Coiron. Beaucoup de migrateurs longent ces versants avant de survoler le site. En direction du sud-ouest, on distingue la plaine d’Aubenas, située à environ 12 km avec, en arrière-plan, les plateaux calcaires des Gras et le piémont cévenol et, encore plus loin, visible seulement par beau temps, le Mont Lozère. Plus à l’ouest, la vue est barrée par les différents massifs qui constituent les Hautes Cévennes ardéchoises : Tanargue, Rocher d’Abraham…

Sur le col de l’Escrinet proprement dit, les milieux ouverts dominent dans la partie centrale : pelouses parsemées de landes à genêt purgatif ou de fourrés à prunellier et aubépine. Les versants de part et d’autre sont couverts de landes plus fermées, de taillis de noisetiers, ou plus loin de boisements de pin noir. La hêtraie occupe une bonne partie du versant nord au niveau du col.

Le col de l’Escrinet se situe dans le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche. Les crêtes du col de l’Escrinet au serre des Fourches sont classées en ZNIEFF de type I. Le plateau et contreforts du Coiron constituent une ZNIEFF de type II. Le col de l’Escrinet fait partie d’une ZICO. Le site de suivi se trouve sur une parcelle acquise par la Fondation Franz Weber.

Historique du suivi

Depuis 1982, les naturalistes de la LPO suivent la migration prénuptiale au Col de l’Escrinet. Durant les années 1980, cette action avait pour but de protester contre le tir du Pigeon ramier en mars, sous couvert de classement de cette espèce en nuisible, et surtout le braconnage sur les autres espèces réalisé à cette occasion (tir sur des espèces dites gibiers dont la chasse était fermée, mais aussi sur espèces protégées comme des rapaces). Depuis 1991, le Pigeon ramier n’est plus classé nuisible en Ardèche, mais des braconniers occupent le Col de l’Escrinet (et quelquefois d’autres sites) et y chassent malgré les interdictions, au vu et au su de tous, et en toute impunité.

Intérêt ornithologique, espèces emblématiques

Au col de l’Escrinet, la migration prénuptiale peut être observée du début du mois de février à la fin du mois de mai. En moyenne, plus de 120 espèces d’oiseaux y sont contactées chaque année. Le flux est dominé par les passereaux, qui franchissent le col par centaines – ou au moins par dizaines – de milliers.

Les plus abondants sont les fringilles, et plus particulièrement le Pinson des arbres, avec 100 à 150 000 individus en moyenne. On peut également observer des passages importants d’hirondelles de cheminée (plus de 30 000 en moyenne), d’alouettes des champs (en général, plus de 10 000 par an), d’étourneaux sansonnets (15 000 en moyenne), de bergeronnettes grises, de pipits farlouses, de bruants des roseaux ou d’alouettes lulus. Le Martinet noir y est également abondant (plus de 15 000 par an).

De plus, l’hirondelle rousseline, la rémiz penduline, le tichodrome échelette et la niverolle y sont notés occasionnellement.

Avec plus de 7 000 individus observés en moyenne, les rapaces sont bien représentés. Le site est remarquable pour ses effectifs de Balbuzard pêcheur avec environ 110 individus en moyenne (maximum de 200). Les espèces dominantes sont le Milan noir (entre 1 500 et 3 000, en général), la Bondrée apivore (maximum de 3 780) et la Buse variable (plus de 1000 certaines années). Le Busard des roseaux passe également en nombre (700 individus maximum) ainsi que le Faucon crécerelle et l’Epervier d’Europe (plus de 500 en moyenne pour chacune de ces deux espèces).

Les deux espèces de cigognes sont régulières avec chaque année une dizaine d’individus pour les cigognes noires. Quant aux cigognes blanches, elles sont en nette augmentation avec des passages de plusieurs centaines ces dernières années.

Le Grand Cormoran est nettement plus abondant (maximum de 4354 en 2006).

Les laridés sont représentés essentiellement par la Mouette rieuse, avec en moyenne 1800 oiseaux.

Le col de l’Escrinet est connu comme site de braconnage du Pigeon ramier. Pourtant, les effectifs de cette espèce y sont en moyenne d’environ 10 000 individus.

Calendrier et déroulement de la migration

La migration est suivie sur le site par un salarié assisté de bénévoles, de mi-février à fin avril (voire mi-mai en fonction des possibilités financières).

Principales espèces par mois :

  • Février : Buse variable, Pigeon colombin, Alouettes lulu et des champs, Grives mauvis et litorne.
  • Mars : Grand Cormoran, Cigogne noire, Circaète Jean-le-Blanc, Milan noir, Epervier d’Europe, Pigeon ramier, Bergeronnette grise, Pinson des arbres.
  • Avril : Busard des roseaux, Balbuzard pêcheur, Faucon crécerelle, Faucon hobereau, Pipit des arbres, Loriot, Linotte mélodieuse, Chardonneret élégant.
  • Mai : Bondrée apivore, Guêpier d’Europe, Tourterelle des bois, Martinet noir.

Météorologie et conditions d’observation

Le flux de migrateurs est important sur le Col de l’Escrinet surtout par vent de tendance nord, modéré à assez fort, établi depuis au moins deux ou trois jours. Les conditions d’observation sont alors idéales, les oiseaux étant comme canalisés par le relief en direction du col, qu’ils sont obligés de franchir en passant à basse altitude. Si le mistral est très fort, il est fréquent que les passereaux se posent pour parcourir les derniers mètres. Il arrive même quelquefois que des rapaces franchissent le col en marchant !

Mais attention, lorsque ce vent souffle, il peut faire très froid sur le col, surtout dans les premières heures de la matinée, lorsque le flux de passereaux et de pigeons est le plus intense. En général, le soleil du milieu de journée, conjugué à l’abri du vent que procure la butte du point d’observation, rend les conditions plus agréables et il faut alors se protéger du soleil. Le froid peut surprendre l’observateur jusqu’à la fin du mois d’avril… Le vent du sud, moins fréquent, est souvent synonyme de conditions d’observation médiocres et de flux visible moins important. De plus, ce vent apporte souvent de la pluie, ce qui peut provoquer des blocages météo.

Modalités d’accueil

Le suivi a lieu désormais de mi-février à mi-avril. Les permanents vous accueillent tous les jours sur le site. Pour préparer votre visite, vous pouvez contacter le Collectif Escrinet (voir contacts). Les observations sont saisies quotidiennement sur www.migraction.net.

Accès

Le Col de l’Escrinet est situé à environ 18 km d’Aubenas et 11 km de Privas. Il est facile d’accès par la RN 304, qui relie ces deux petites villes. Le point d’observation se trouve sur la butte au centre du col (à droite de la RN en venant d’Aubenas, à gauche en venant de Privas). Ce terrain appartient à la Fondation Franz Weber. Les grands axes routiers les plus proches sont concentrés dans la vallée du Rhône (RN 7, RN 86 et autoroute A7).

Par l’autoroute, en venant du sud, prendre la sortie Montélimar sud, puis direction Aubenas, le Puy ; du nord, sortir à Loriol puis prendre la direction de Privas.

Il est également possible d’accéder au Col en utilisant les transports en commun (train puis car SNCF ou autre). A partir de la gare de Valence, un autocar SNCF en direction d’Aubenas passe par le Col de l’Escrinet. A partir de la gare de Montélimar, correspondance en direction d’Aubenas puis possibilité d’utiliser un autre service de car pour accéder au col.

Hébergements et restaurations conseillés

Possibilités d’hébergements nombreuses et variées sur les secteurs d’Aubenas et de Privas (hôtels, gîtes ruraux, chambres d’hôtes…). Il en est de même pour la restauration, avec même une solution « sur place », avec l’Auberge du Col de l’Escrinet, située à environ 200 mètres du point d’observation.

Contacts

  • LPO AuRA – Délégation de l’Ardèche
    4 Bis rue de la Halle
    07110 Largentière
    Tél/Fax 04 75 35 55 90
    Mail : ardeche@lpo.fr 
  • Camp de suivi au Col de l’Escrinet : escrinet@lpo.fr